Guide · Déontologie
La déontologie du site internet d'un avocat
Au sommaire
Un avocat peut tout à fait avoir un site internet, et même en faire un véritable outil d'acquisition. Mais la profession reste encadrée : le Règlement Intérieur National (RIN) fixe des règles précises pour votre site comme pour le reste de votre communication. Voici l'essentiel à respecter.
Le principe : un site est autorisé, mais encadré
Pendant longtemps, la communication des avocats était très restreinte. Ce n'est plus le cas depuis la réforme de 2014. Le site internet d'un avocat n'est plus assimilé à du démarchage : il est reconnu comme un prolongement légitime du cabinet. Vos clients cherchent un avocat en ligne, il est donc normal d'y être présent.
Cette liberté s'accompagne toutefois de règles, réunies dans l'article 10 du RIN. Elles concernent votre site, mais aussi l'ensemble de votre communication : nom de domaine, mentions, contenu, identité visuelle et réseaux sociaux. Les voici, point par point.
À noter : ce guide vous oriente, il ne remplace pas l'avis de votre Ordre. Reportez-vous toujours à la version à jour du RIN et, en cas de doute, rapprochez-vous de votre barreau.
Le nom de domaine
Le nom de domaine doit comporter votre nom ou la dénomination de votre cabinet, en totalité ou en abrégé, éventuellement précédé ou suivi du mot « avocat ». Par exemple, leroy-avocat.fr est conforme.
En revanche, les noms génériques évoquant le titre d'avocat ou un domaine du droit sont interdits : avocat-penal-lyon.fr ne peut pas être utilisé. Rassurez-vous, vous pouvez très bien vous positionner sur « avocat pénal à Lyon » sans le mettre dans le domaine : c'est précisément le rôle du référencement. Nous détaillons tout cela dans notre guide dédié au choix du nom de domaine.
Les mentions obligatoires
Votre site doit permettre de vous identifier et de vous joindre. Doivent y figurer votre identité et votre qualité d'avocat, vos coordonnées (adresse, téléphone, email), le barreau auquel vous êtes inscrit et votre structure d'exercice. C'est à la fois une obligation déontologique et un puissant facteur de confiance pour le visiteur.
Sollicitation personnalisée et démarchage
La nuance est importante. Le démarchage agressif d'une personne identifiée reste interdit. En revanche, la sollicitation personnalisée est autorisée depuis 2014, à condition de rester sincère, digne, respectueuse du secret professionnel, et d'indiquer clairement votre qualité d'avocat et vos coordonnées.
La publicité sur le site
Il faut distinguer deux choses. Sur votre site, vous ne pouvez afficher aucun encart ni bannière publicitaire pour des produits ou services tiers : votre site sert votre cabinet, pas des annonceurs.
En revanche, vous avez parfaitement le droit de faire de la publicité pour votre propre cabinet, par exemple via Google Ads, afin de gagner en visibilité et d'attirer de nouveaux clients.
Deux interdits, en revanche, restent absolus : la publicité comparative ou qui dénigre un confrère, et toute mention trompeuse ou promesse de résultat.
Afficher vos honoraires : c'est permis
Contrairement à une idée reçue, vous pouvez communiquer sur vos honoraires (forfaits, taux horaire, modalités de facturation). C'est même un gage de transparence apprécié. La seule exigence est d'avoir une information claire et exacte.
La mention « spécialiste »
C'est l'erreur la plus fréquente. Vous ne pouvez vous présenter comme « spécialiste » ou « spécialisé » dans un domaine que si vous détenez le certificat de spécialisation correspondant. Sans ce titre, parlez plutôt de « domaine d'intervention » ou d'« activité dominante ». Toute mention trompeuse ou comparaison dénigrante est par ailleurs proscrite.
Au-delà du site : réseaux sociaux et autres supports
Ces principes ne s'arrêtent pas à votre site. Ils valent pour tous vos supports de communication : votre logo, vos cartes de visite et votre identité visuelle, comme vos profils sur les réseaux sociaux. LinkedIn et les réseaux sont d'ailleurs ouverts aux avocats et constituent d'excellents relais, dès lors que vous y restez digne, sincère et identifiable (nom, qualité, barreau).
Avis et témoignages : la prudence
Rien n'interdit qu'un client satisfait laisse un avis. Mais le secret professionnel prime : ne provoquez jamais la divulgation d'un dossier et ne publiez rien qui permettrait d'identifier une affaire. La sincérité est la règle, donc jamais de faux avis.
Déclarer son site à l'Ordre
Dernière obligation, souvent oubliée : l'avocat qui ouvre ou modifie substantiellement un site doit en informer le conseil de l'Ordre sans délai, et lui communiquer les noms de domaine qui permettent d'y accéder. Un simple courrier ou email suffit.
Que risque-t-on en cas de manquement ?
Le non-respect de ces règles relève de la discipline de la profession : les sanctions vont de l'avertissement à l'interdiction temporaire d'exercer, voire à la radiation dans les cas les plus graves. Au-delà du risque, une communication conforme protège surtout votre crédibilité.
En résumé
La déontologie du site d'un avocat n'a rien d'un frein : elle encadre et rien de plus. Une fois ces règles respectées, concentrez votre énergie sur ce qui fait vraiment venir les clients : un site soigné, du contenu utile et un référencement solide.
FAQ
Questions fréquentes
Un avocat peut-il faire de la publicité ?
Oui, pour son propre cabinet, par exemple via Google Ads. En revanche, aucun encart ni bannière publicitaire pour des produits ou services tiers n'est autorisé sur son site.
Peut-on écrire « spécialiste en droit du divorce » sur son site ?
Uniquement si vous détenez le certificat de spécialisation correspondant. Sans ce titre, parlez plutôt de « domaine d'intervention » ou d'« activité dominante ».
Faut-il déclarer son site à l'Ordre ?
Oui. L'avocat qui ouvre ou modifie substantiellement un site doit en informer le conseil de l'Ordre sans délai et lui communiquer les noms de domaine qui permettent d'y accéder.
Quelles mentions sont obligatoires sur le site d'un avocat ?
Votre identité et votre qualité d'avocat, vos coordonnées (adresse, téléphone, email), le barreau auquel vous êtes inscrit et votre structure d'exercice.
Un avocat peut-il afficher des avis clients ?
Oui, des avis authentiques, à condition de respecter le secret professionnel : ne rien publier qui permettrait d'identifier un dossier, et jamais de faux avis.
Un avocat peut-il être sur LinkedIn et les réseaux sociaux ?
Oui. Les réseaux sociaux sont autorisés, dans le respect des mêmes principes : dignité, sincérité, secret professionnel, et un profil qui permet de vous identifier (nom, qualité, barreau).
Un avocat peut-il afficher ses honoraires ?
Oui, et c'est même apprécié des clients : forfaits, taux horaire ou modalités de facturation, à condition que l'information reste claire et exacte.
Que risque un avocat qui ne respecte pas ces règles ?
Des sanctions disciplinaires, de l'avertissement à la radiation. Au-delà, une communication non conforme nuit à sa crédibilité.